[Roman] La Tête dans le Guidon

[Roman] La Tête dans le Guidon

Message par Ravélo Bernard » 19 Mars 2021, 13:01

La Tête dans le Guidon - Introduction :

C'est sur le forum de Cyclo-Cyclottes que j'ai découvert ce roman.

L'auteur, cycliste lui-même, après s'être inscrit sur le forum , propose au membres de celui-ci de découvrir son roman chapitres après chapitres.

Comme il le dit sur son site, il se nomme Paul Jeanzé et est né le 10 novembre 1970 dans un petit village de l’ouest de la France.
C'est au cours du mois de juin 2014, qu'il termine son premier livre intitulé « Monsieur Z ».

Mais que raconte "La Tête dans le Guidon" ?

À la suite d’une course cycliste achevée dans la confusion, Frédo, la trentaine passée,se retrouve dans la solitude de son petit appartement.
Au bord de la déprime, ce modeste cycliste amateur a la tête dans le guidon : la victoire ne lui a jamais semblé aussi inaccessible.
Qu’il lui semble bien loin le temps où il tournoyait avec son tricycle autour de l’antique table de la cuisine en rêvant de gagner une course de vélo ! Avec l’aide de l’enthousiaste Manu et du bourru Monsieur Gontran, parviendra-t-il à relever la tête et à enfin réaliser son rêve de gosse ?

Après trois récits plus introspectifs ainsi qu’un recueil de nouvelles et de nombreux poèmes, Paul Jeanzé entame, avec ce premier roman, un nouveau cycle... littéraire bien entendu.

Son écriture, le sujet du roman et notre ami Frédo m'ont plu dés le début.

C'est la raison qui me pousse à faire découvrir ce roman et son auteur.

je vous propose, en amuse-gueule, le prologue et le premier chapitre.

La suite est disponible sur Cyclo-Cyclottes en version PDF

- Le site de l'auteur, Paul Jeanzé
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La Tête dans le Guidon

Message par Ravélo Bernard » 19 Mars 2021, 13:11

La Tête dans le Guidon - Prologue :


À Évelyne,
À Morgan,
À tous les anonymes de la petite reine,


Nous étions à l’entame du dernier tour et le peloton était toujours groupé. Peu avant de couper la ligne, j’avais accéléré et constaté en me retournant brièvement que tout le monde était en file indienne ; une accélération assez brutale m’avait-il semblé, mais finalement loin d’être suffisante pour espérer m’échapper. Jusqu’alors, la course avait été éprouvante : sur un parcours sans le moindre relief, un vent violent avait rendu l’épreuve nerveuse.

Dans de telles circonstances, les rares tentatives d’échappée ne prirent jamais plus de trente secondes d’avance, l’ensemble des coureurs s’étant efforcés de rester aux avant-postes afin d’éviter les coups de bordures. Mon début de course avait été laborieux : relégué en queue de peloton, j’avais eu besoin de deux tours pour réussir à me positionner tant bien que mal dans les vingt premiers.

Loin d’être parmi les plus adroits sur le vélo, préférant rouler sur les côtés plutôt qu’au milieu du paquet, j’avais dû lutter en permanence contre le vent ; j’étais fatigué. Lacourse allait certainement se jouer dans l’emballage final puis au sprint, entre les grosses cuisses du peloton ; peu de chances que j’eusse mon mot à dire. Par orgueil, j’étais donc passé en tête au moment de débuter ce dernier tour ; par prudence également, car il y avait après la ligne une épingle à cheveux en faux plat montant ; je savais qu’à cet endroit, de nombreux coureurs allaient faire l’effort pour remonter vers la tête, avec les risques que cela comportait :
il n’y aurait pas de place pour tout le monde. Du coup, et tant pis si cela n’était de ma part qu’un baroud d’honneur, qu’au moins j’évite la chute.

J’arrive au bout de la ligne droite. Virage à gauche, virage à droite... ouf, c’est passé !
je reste en tête. Qu’il peut être grisant de sentir l’ensemble de la meute à mes trousses, meute dont je suis le maître l’espace d’un instant ; mais je reste lucide, ils ne vont pas tarder à venir me grignoter les mollets. Tout à coup, j’entends comme une formidable déflagration derrière moi ; je comprends immédiatement ce qu’il vient de se passer : dans un des deux virages, un coureur aura touché le trottoir et déséquilibré, sera allé à terre, entraînant dans sa chute plusieurs concurrents. Comme à chaque fois après pareil incident, il y a un léger moment de- flottement.

Instinctivement, je tente un démarrage, vent de face ; mais le peloton ne tarde pas à réagir et en deux minutes à peine, je suis repris. Je n’ai pas le temps de récupérer des efforts consentis que je me retrouve à la traîne d’un groupe qui n’est plus composé que d’une vingtaine de coureurs seulement ; le peloton se sera certainement scindé en plusieurs parties.

Le dernier tour me semble interminable. « Allez Frédo, tu serres les dents et tu t’accroches ! » Je décide de jeter mes dernières forces dans la bataille. Trois ou quatre
coureurs devant moi, j’entr’aperçois Mathieu, le sprinteur de l’équipe, esseulé. Je profite d’une très légère baisse de rythme pour remonter à sa hauteur. Sans même le regarder, je viens me placer devant lui, décalé sur sa droite, pour bien le protéger d’un vent qui maintenant souffle de côté. Je suis à bloc ; encore une courbe à négocier et on s’engouffrera dans la longue ligne droite précédant l’arrivée.
Je dépasse plusieurs concurrents au prix d’un terrible effort ; les cuisses me brûlent. Un ultime regard en arrière, le temps de constater que mon coéquipier est bien calé dans ma roue et c’en est fini pour moi : je sens mes muscles se tétaniser alors qu’il reste à peine cinq cents mètres à parcourir. Je me fais doubler de tous les côtés, avec certes le sentiment d’avoir fait du bon boulot pour l’équipe, mais également l’amertume de ne pas pouvoir jouer la victoire.

Je lève la tête pour tenter d’apercevoir ce qu’il se passe devant, en vain. J’entends vaguement les cris des spectateurs, le sifflement des roues qui fendent l’air puis le gémissement des freins écrasés sitôt la ligne d’arrivée franchie. J’en termine à mon tour ; les applaudissements ont déjà cessé. Je m’arrête un peu plus loin le long
des barrières ; je suis pris d’un léger étourdissement. Non loin de là, je distingue Mathieu, tout sourire, entouré par trois membres de l’équipe qui le congratulent.

Quelques coureurs passent devant le quatuor, serrant la main du vainqueur ou lui adressant une tape amicale sur l’épaule.
Je pose mon vélo contre une barrière et m’approche de Mathieu dans une démarche
chaotique ; une violente crampe échoue d’un rien à me jeter à terre.

— Alors Mathieu ?
— C’est génial, j’ai réglé tout le monde au sprint ; troisième victoire de la saison ! Pourtant, je ne me sentais pas vraiment dans mon assiette pendant toute la course mais dans le dernier kilomètre, ce fut comme d’habitude, je n’étais plus le même homme ! Ah ! et merci, tu m’as bien aidé sur ce coup-là Frédo, un final digne des meilleurs poissons-pilotes !
— Merci pour le compliment, Mathieu, merci... Allez les gars, à la prochaine... et encore
bravo !
— Salut Frédo, rentre bien !

Dans des circonstances analogues, je ne savais pas ce que pouvaient ressentir lesprofessionnels de la route. Ce que j’imaginais en regardant les courses cyclistes assis devant mon écran de télévision, c’était que même dans mon cas, enfin je veux dire, dans le cas d’un simple équipier qui venait de terminer la course de façon anonyme au cœur du peloton, celui-ci allait être pris en charge par toute une équipe, avec un kiné, un médecin ; son vélo allait être bichonné par un ou deux mécanos, et il n’avait rien d’autre à gérer sinon tranquillement se reposer en compagnie de son compagnon de chambrée en attendant l’étape suivante.

Moi, ce n’était pas la même histoire. J’allais devoir rendre mon dossard, retourner à mon véhicule, me changer, démonter les roues de mon vélo et ranger minutieusement le cadre dans sa housse, avant de faire les quarante kilomètres qui me séparaient de mon petit appartement situé au septième étage d’une immense tour où, sauf une immense déception, personne ne m’attendait. Je m’appelle Frédéric, même si tout le monde m’appelle Frédo ; j’ai trente et un ans et je ne suis qu’un modeste amateur évoluant dans des courses de niveau départemental.

Pendant que je finissais de ranger mes affaires dans la voiture, perdu au milieu de mes pensées, je sentis que l’on me donnait une légère tape sur le bras.

— Dis donc, c’est bien toi qui as tenté un démarrage juste après la chute ? Ce n’est pas très glorieux comme attitude !
Je ne répondis pas tout de suite. Alors que je me sentais terriblement las, déçu par cette dernière course, voilà que c’était la colère qui maintenant m’envahissait.
— En à peine deux minutes, j’ai été avalé par le peloton, alors qu’est-ce que ça peut te foutre, pauvre connard !

Et sans laisser le temps à mon interlocuteur de réagir, je m’engouffrai dans ma voitureet quittai les lieux.
Alors que je sortais du village, laissant sur la droite un vieux lavoir au bord duquel discutaient quelques jeunes à mobylette en compagnie de nombreuses cannettes de bière, je me sentis extrêmement triste au point de penser que leur après-midi valait peut-être mieux que le mien ; qu’au moins de leur côté ils assumaient déjà que leur univers fût désenchanté. Mon cynisme ne présageait rien de bon ; je sentais que je me dirigeais vers la fin de saison en déraillant. Je n’aurais jamais dû insulter cet homme, j’aurais dû m’excuser auprès de lui pour m’être emporté de la sorte, sans compter que le coureur qui était venu me faire la morale n’avait pas complètement tort.

Je m’interrogeai : en course, ne devait-on pourtant pas saisir la moindre opportunité qui s’offrait à nous ? N’était-ce pas une attitude nécessaire dès lors que
l’on aspirait à la victoire ? Le but ultime du compétiteur n’était-il pas de gagner puisque je n’arrivais pas à me satisfaire d’offrir la victoire à mes coéquipiers ? Enfin, je n’en savais rien finalement, vu que je n’ai jamais gagné la moindre course. Ce que j’éprouvais en revanche, c’était que la défaite me rendait amer, et que pour moi, il n’y avait plus que la victoire qui comptait, plus que la victoire qui comptait.

C’était devenu une obsession, et cette obsession m’avait progressivement fait oublier mon rêve de gosse, un rêve pourtant tout simple à son commencement : gagner une course de vélo.
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Re: [Roman] La Tête dans le Guidon

Message par Ravélo Bernard » 19 Mars 2021, 13:22

La Tête dans le Guidon - Au tour des souvenirs :


Jusqu’où dois-je remonter pour retrouver mes premiers souvenirs liés à la bicyclette ?

Je crois que je devais avoir quatre ans quand j’entrepris de virevolter autour de la table de la cuisine avec mon tricycle. Il n’était pas rare, alors que ma mère préparait le repas, que je tourne ainsi pendant près d’une heure. Parfois, je me cognais aux pieds de la table en prenant un virage trop à la corde, ce qui occasionnait le dérapage de ma monture ; il lui arrivait même de décoller : elle restait alors en l’air une fraction de seconde, sur deux roues, avant de retomber bruyamment sur le sol pavé.

Grâce à la virtuosité de mon pilotage, aucune de mes embardées ne me fut jamais préjudiciable, et à cinq ans, j’étais devenu le spécialiste
incontesté du tricycle sur circuit ovale.
Alors que je m’apprêtais à remettre mon titre en jeu, l’accès à mon parcours favori me fut interdit : mes parents avaient décidé de refaire entièrement la cuisine et c’est impuissant que j’assistai au remplacement des antiques tomettes ocre par un carrelage blanc cassé flambant neuf, avant de voir disparaître la vieille table en bois aux pieds fatigués au profit d’une table métallique surmontée d’un plateau en verre.

À ce modernisme sans âme s’ajouta une vive incompréhension quand je ne fus plus autorisé à faire du tricycle dans la cuisine une fois celle-ci terminée. À la première occasion pourtant, je bravai l’interdiction afin de tester le nouveau revêtement. Je fus immédiatement puni d’avoir désobéi à mes parents : au premier virage, mes roues glissèrent sur le carrelage et je chutai lourdement en me heurtant le tibia contre l’affreuse table qui resta impassible. Devant les soupçons de mon père en découvrant
l’énorme bleu qui ornait ma jambe, je dus par la suite me contenter de la minuscule cour située devant la maison, seul espace à peu près praticable au milieu d’un vaste terrain en pente et densément boisé.

Après deux années de bons et loyaux services, il me fallait également reconnaître que mon fidèle destrier était devenu trop petit et peu maniable ; une deuxième
chute, provoquée par les nombreuses bosses qui jalonnaient la cour et je connus pour la première fois cette douloureuse frustration qui naît de l’échec. Je pris également conscience du temps qui passait et qu’il me fût impossible de revenir en arrière pour retrouver le confort de la prime enfance ; j’allais devoir abandonner la protection de la maison familiale, affronter le monde extérieur et accepter de grandir, un petit peu tout du moins, puisque je n’avais finalement que six ans.

Pour compenser l’annexion de la cuisine, mes parents m’offrirent un vélo rouge et aussitôt ma mère se mit en tête de m’apprendre à garder l’équilibre sur cet étrange engin qui n’avait que deux roues. Malheureusement, après quelques mètres seulement, le vélo échappait systématiquement à mon contrôle et m’emportait irrémédiablement vers le sol. Je revois encore ma pauvre mère, courant derrière moi, les mains crispées sur la tige de selle sous le regard goguenard des voisins qui voyaient passer devant eux notre curieux équipage ; qui sait, peut-être les sourires moqueurs de certains adultes m’auront freiné au cours de mon laborieux
apprentissage.

Au milieu de cet environnement qui me semblait bien hostile, j’avais la chance de pouvoir compter sur Jérôme : Jérôme était mon meilleur copain et je pouvais partager avec lui, sans qu’il soit contrarié, mon amour naissant pour la petite reine. À cette époque, la télévision ne s’était pas encore imposée dans tous les foyers, les deux nôtres notamment, et s’il nous arrivait d’entendre parler du Tour de France cycliste, c’était principalement par radio et journaux interposés, tout au moins jusqu’au jour où mon père nous emmena voir passer les coureurs non loin de la maison. Posté le long d’un fossé situé en haut d’une petite côte, je garde un souvenir très vague de la campagne publicitaire, malgré les casquettes et autres bidons qui nous furent jetées de drôles de voitures sur le toit desquelles s’agitaient
d’immenses bouteilles multicolores et d’imposants bonhommes tout en rondeur.

En revanche, une heure plus tard, je me souviens parfaitement avoir vu passer sous mes yeux émerveillés un peloton groupé roulant à très faible allure, et qui fut accueilli avec ferveur par les spectateurs présents. Une si longue attente pour moins de trente secondes de spectacle, bien loin de l’orgie d’images dont nous sommes aujourd’hui submergés, avec les caméras miniatures installées sur les vélos, les loupes qui montrent au ralenti et en gros plan le visage grimaçant des coureurs, les drones et les hélicoptères qui filment la course du ciel, sans compter l’arsenal de motos qui nous permettent d’avoir en permanence un œil sur les échappées, le peloton et loin derrière, les malheureux attardés. Pourtant, si je devais retenir aujourd’hui une et une seule image du Tour de France, j’irais certainement piocher dans mes
souvenirs d’enfance et la vision fugitive de ce peloton musardant au sommet d’un modeste talus de campagne.

Je me rappelle que mon enthousiasme était tel que j’avais réussi à obtenir de mes parents qu’ils m’achetassent un sachet rempli de petits vélos en plastique avec lesquels
j’improvisais d’épiques courses en compagnie de Jérôme. Le père de ce dernier était maçon, et au milieu de sa grande cour trônait en permanence, à proximité d’un monticule de graviers sans intérêt, un énorme tas de sable qui nous servait de terrain de jeu. C’était également un coin très prisé d’un petit saucisson à pattes nommé Daisy qui passait le plus clair de son temps à venir y faire ses besoins ; aussi devions-nous enlever un certain nombre de crottes plus ou
moins fraîches à l’aide d’une truelle avant de pouvoir tracer un circuit qui suivait les irrégularités du tas de sable, irrégularités principalement créées par les vigoureux coups de pelle donnés par le père de Jérôme pour envoyer le sable rejoindre les autres ingrédients nécessaires à la fabrication du ciment. Quand le sable était suffisamment humide, nous arrivions, sans qu’il s’écroulât, à créer un pont ou un tunnel qui enrichissait alors un parcours déjà ponctué de virages relevés, de montées et de sinueuses descentes.

Ces travaux de terrassement effectués, nous pouvions consciencieusement installer l’ensemble des petits coureurs sur la ligne de départ avant d’entamer une course pleine de rebondissements, avec des échappées, des chutes et un final toujours épique où, contrairement à une trop cruelle réalité, le peloton ne rattrapait jamais le courageux coureur solitaire qui résistait vaillamment en devançant de quelques secondes à peine la meute déchaînée.
Pendant plusieurs mois, il n’y eut que les courses cyclistes locales qui réussirent à m’arracher du tas de sable de Jérôme. J’éprouvais d’ailleurs des sentiments contradictoires pour ces compétitions qui passaient dans mon village, car si elles me semblaient complètement inaccessibles en raison de mon jeune âge et de ma frêle constitution, je trouvais néanmoins cet univers très familier : j’allais souvent saluer et discuter avec un voisin à qui avait été confiée la gestion de la circulation à la sortie du village, tandis qu’au passage des coureurs, il m’arrivait souvent de reconnaître et d’encourager un grand frère ou un oncle d’un camarade de classe. Ce qui me fascinait le plus dans ces courses, c’était la camionnette de la Croix-Rouge qui fermait la marche avant de disparaître dans le lointain, comme si sa présence
permettait aux cyclistes qui la précédaient d’atteindre le statut de surhomme bravant je ne savais quel danger.

Un jour, alors que mes parents et moi rentrions d’une longue marche en forêt, notre voiture s’était retrouvée au beau milieu d’une course cycliste. À un moment, nous avions doublé un homme seul et l’avions encouragé avec enthousiasme : « Bravo, allez ! Tu vas gagner ! », avant de rattraper un peu plus loin la fameuse camionnette et l’arrière du peloton.
Alors que nous pensions avoir affaire à l’homme de tête, il s’avéra que le malheureux était distancé, seul à lutter pour un retour impossible. J’espère sincèrement que notre retardataire n’aura pas cru que nous nous étions moqués de lui.
Tous les ans à la fin du printemps, j’assistais également à un événement singulier : des centaines de cyclistes, avec parmi eux des adolescents et des personnes que je trouvais bien trop vieilles pour faire du vélo, passaient sous ma fenêtre dans un interminable défilé. Ils achevaient, pour la plupart d’entre eux, un parcours de quatre cents kilomètres réalisé en cinq jours autour de mon département ; une telle distance me fascinait et ce rallye cyclotouriste aura peut-être eu plus tard une certaine influence quant à mon intérêt pour les épreuves d’endurance. Mais pour l’heure, mon seul exploit notable était d’avoir traversé la cour de Jérôme en contournant tant bien que mal le tas de sable avant de m’emplafonner contre le portail qui séparait sa cour de la route ; je venais d’avoir huit ans.
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