Anarchic Time Sonorisation.

Organisation d'une Boum':

Dans cet article, nous verrons en quoi consistait une « Boum » ou « Soirée Dansante » organisée par « Anarchic Time » dans les années 80

Tout d’abord, il s’agit de préciser que ce type d’organisation concernait notre région. Était t’elle spécifique à celle-ci ? Sans doute un peu.

A l’époque, les grandes villes possédaient des discothèques, inexistantes aux alentours de Nivelles.

Contrairement à ce que l’on voit dans le film « La Boum », la grande majorité des « Soirées Dansantes » étaient publiques et se déroulaient dans des salles.

Les salles pouvaient être des salles communales, des salles omnisports, des salles à l’arrière de café mais c’était surtout dans des salles paroissiales que l’on organisait des «Soirées Dansantes »

Détail important, les salles paroissiales possédaient très souvent une estrade qui, avant de servir à l’installation de la « Sono » était tout simplement l'ancienne scène d’un théâtre..

Toutes ces salles, pour être opérationnelles, devaient être pourvue d’un Bar, parfois dans la salle de danse elle-même et parfois dans une pièce à côté (ce qui était un plus).

Le choix de la date de la « Soirée » était très important. Il fallait éviter d’être en concurrence avec d’autres « Sono » ou d’autres manifestations importantes.

Les « Soirées Dansantes » s’organisaient principalement le samedi soir. Quelques unes se sont faites le vendredi soir

Il faut aussi préciser que la calendrier des « Soirées Dansantes » suivait le calendrier scolaire, celui des secondaires.

Des grandes dates à ne pas négliger était la fin des examens de juin, voir le 31 décembre.

Le public qui venait aux « Soirée Dansantes » était assez jeune, environ de 16 ans à 23 ans. La majorité des filles et des garçons étaient donc en secondaire supérieur, ce qui explique que ce public ne fréquentait pas ou très peu les discothèques.

Il faut ajouter que Nivelles accueillait 6 écoles secondaires.

La première chose que l'on faisait, deux à trois semaines avant la "Soirée", c'était de préparer un seau de colle et d'aller coller nos affiches (un peu partout) ou de faire le tour des commerces pour leur demander de placer l'affiche sur leur devanture.

Affiche
Affiche de la soirée
Graphisme réalisé par mon épouse (à l'époque, ma "petite amie" !!!!)

Ensuite, on se plaçait à la sortie des écoles afin de distribuer nos fameux "cartons d'invitation"

On avait aussi quelques démarches administratives : demander une autorisation pour la "Soirée" à la commune, payer les accises (pour la vente d'alcool), payer la Sabam (pour les droits d'auteurs).

Le jour dit, je « montais » la « Sono » assez tôt dans l’après-midi pour faire mes tests son et afin de pouvoir réagir si nous avions rencontré un problème de matériel (ou autre).

Pour transporter le matos, le père d'un ami nous prêtait sa camionnette

La « Soirée Dansante » commençait vers 20h. Si à 21h30 la salle n’était pas remplie, on pouvait s’attendre, malheureusement à un Bide.

L’entrée devenait gratuite à minuit. Certaines personnes n’y venaient qu’a ce moment, économisant le prix de l'entrée pour consommer au Bar (c’est ce que l’on espérait). La « Soirée » se terminait vers 2h à 3h du matin.

Je me suis souvent demandé si je fus un vrai « DJ » !!!

En 1906, Ray Newby diffusait de la musique depuis sa chambre en Californie avec un petit émetteur sur ondes courtes. La portée n’était donc pas très importante, si bien que peu de personnes pouvaient entendre son émission de radio mais il est considéré comme le premier DJ de l’histoire.

Par contre le terme disc jockey a été inventé par l’animateur radio américain Walter Winchell en 1930. Il a inventé ce terme pour Martin Block, le fondateur du principe de la radio que nous connaissons actuellement, c’est-à-dire annoncer des nouvelles en diffusant de la musique entre deux.

En 1953, alors qu'elle travaillait au "Whisky à Gogo", boite de nuit à Paris, Régine décide de peindre les lumières de toutes les couleurs, de les animer à la main, et de remplacer le juke-box par un double tourne-disque pouvant diffuser la musique de façon ininterrompue, inventant sans le savoir une des premières "discothèques"

Chez moi, pas de scratch, pas de calage de tempo, pas de réglage de BPM, pas de mashup ou de medley. Autre caractéristique, je parlais très peu au micro si ce n’est de dire salut à un pote que je voyais entrer dans la salle ou annoncer le nom d’un groupe (un peu moins connu).

Certes, je mixais mes morceaux de musique sans faire de blanc entre eux mais je passais les morceaux en entier, sans rien y changer.

Mon choix ne se portait pas non plus sur les versions “Maxi 45T” si ceux ci n’apportaient rien. Seules , parfois, quelques versions “Live” pour un solo de guitare plus péchu que sur l’album (par exemple).

Concernant le BMP, les styles de musique que je passais étaient tellement différents qu’il ne permettait pas de modifier celui-ci.

De toute façon, c’est ce qu’attendait mon public : des titres non trafiqués.

On peut dire que les principales techniques de mix que j’employais étaient le "Cut Sec" et le "Fondu Progressif".

Fred Rister, un DJ français, qui a débuté dans les années 1970, explique que le seul et unique but du DJ est de faire danser les gens le plus longtemps possible, les garder sur la piste afin qu'ils ne l'abandonnent que le temps d'aller se commander un verre.

Je dois ajouter que j’avais aussi un autre but, celui de faire découvrir à mon public de nouveau « groupes » ou « artistes ».

Je mixais toute la "soirée" mais il m'arrivait de demander à ma "petite amie" (qui m'aidait aux mixages) de faire quelques enchaînements bien choisis pour que je puisse aller danser avec le public dans la salle.

Un autre de mes potes s'occupait de tout ce qui concernait les jeux de lumière : la boule à facette, le spot baladeur, le séquenceur, les Blacklight, le stroboscope, etc ...
C'est lui qui assurait les changements d'ambiance selon les titres qui passaient

Dès la soirée terminée, on démontait la sono. J'ai toujours préféré le faire tout de suite afin de ne pas laisser le matériel dans la salle sans surveillance. C'était aussi le moment du débriefing ou l'on se racontait les meilleurs moments et les petites anecdotes de la soirée (qui était sorti avec qui, qui avait été bourré, qui avait failli se bagarrer, etc ....)

Il me reste, encore aujourd'hui, en mémoire, quelques moments croustillants



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