Anarchic Time Sonorisation.
Discothèques et "Sound Systems":
Puisque nous sommes sur un site/forum dédié à l'histoire, faisons un peu d'histoire !!!!
La sono "Arnarchic Time" était une sorte de "Sound System" ou de "Discomobile", c'est à dire une sono itinérante qui se déplaçait de salles en salles.
Mais d’où vient ce type d'événement ?
Sans prendre de risque et sans entrer dans les détails, on peut affirmer que les femmes et les hommes, depuis la "nuit des temps" ont aimé danser sur de la musique. Que ce soit lors de cérémonies magico-religieuses ou lors de multiples fêtes de toute ordre.
Jusqu'au début du 20ème siècle, la musique était jouée en live et par de véritables musiciens.
Les premières "discothèques" mobiles sont belges et datent des années 1900. Ces "spiegeltent" (traduit par "Chapiteau à miroirs") étaient des bâtiments démontables. Ils avaient un intérieur de bois sculpté traditionnel en chêne ou en acajou, parfois dans le style Art Nouveau. Des coins salon romantiques et confortables en velours rouge avec des coutures dorées entouraient une piste de danse ronde. A cela s’ajoutait un bar. Ils étaient décorés d'abondants cristaux, des vitraux et des centaines de miroirs à facettes. La musique y était assurée par un petit orchestre ou par un orchestrion (orchestre mécanique). On les trouvaient dans les foires et les kermesses et offraient à un public populaire la possibilité de danser et de boire jusqu'au petit matin.
Entre 1900 et 1920, les Américains de la classe ouvrière se réunissaient dans des "Honky Tonks" ou des "Juke-Joints" pour danser au son de la musique jouée par un juke-box (il n'y a pas encore de "DJ")
En 1930, Walter Winchell, animateur de la radio WABC, invente le terme "disc jockey" (DJ). Un terme qui reste cantonné dans le milieu de la Radio.
Après la Première Guerre Mondiale, les "Boites de Nuit" parisiennes sont parmi les premiers lieux d'accueil du mouvement jazz américain . Les musiciens, artistes et danseurs de jazz noirs américains ont découvert Paris après la Renaissance de Harlem grâce aux récits des soldats noirs de retour de la Première Guerre mondiale . Ces artistes étaient reconnaissants envers les Français pour l'opportunité, le respect et l'égalité salariale qui n'arriveraient en Amérique que plus de 40 ans plus tard.
En Mai 1940 Paris est occupée par l'Allemagne nazie. Le Jazz, le Bebop, le Swing sont interdits par les nazis en tant qu'influences américaines décadentes.
En guise d'acte de résistance, les Français se réunissent dans des sous-sols cachés appelés discothèques où ils dansent au rythme du jazz et du swing. mais la musique live pose quelques difficultés alors ont diffuse avec un juke-box voir même avec un seul phonographe lorsqu'il n'y avait pas de juke-box.
Le terme "discothèque" qui signifiait "bibliothèque de disques", allait bientôt s’étendre à tout type de boîte de nuit diffusant de la musique enregistrée plutôt que de la musique live.
Ces "discothèques" étaient également fréquentées par des jeunes anti-Vichy appelés zazous (il existait également des discothèques clandestines dans l'Allemagne nazie fréquentées par des jeunes anti-nazis appelés les swing kids).
En 1947, la passion de Paul Pacine pour les disques de jazz, la scène des "discothèques" et l'alcool américain se sont réunis pour former le premier vrai salon luxueux , le "Whiskey au Go-Go" . Cette "Boite de Nuit" proposait le dernier cri du jazz américain et des spiritueux, ce qui attirait des foules de danseurs toujours plus nombreuses.
En 1953, alors qu'elle travaille au "Whisky à Gogo", "Boite de Nuit" à Paris, Régine décide de peindre les lumières de toutes les couleurs, de les animer à la main, et de remplacer le juke-box par un double tourne-disque qu'elle actionnait elle-même pour qu'il n'y ait pas de pause entre les morceaux, inventant sans le savoir une des premières "discothèques modernes".
Cependant, les "Jeunes" de la première génération de rock and roll préférait les bars et les tavernes aux "Boîtes de Nuit", et la boîte de nuit n'a pas atteint une popularité grand public avant l'ère du disco des années 1970.
C'est donc à l'avènement de la musique disco que les "discothèques" vont fleurir à travers le monde. Discothèques où les DJ diffusent des tubes disco à travers de puissants systèmes de sonorisation pour les danseurs, jouant un mélange fluide de longs disques pour faire danser les gens toute la nuit. Certains des clubs les plus prestigieux étaient dotés de systèmes d'éclairage élaborés qui vibraient au rythme de la musique.
Parallèlement, dans les années 1950 et dans les ghettos de Kingston (Jamaïque) naît le concept du "Sound System" (une sorte de "sono" itinérante).
Voici ce qu'en dit Wikipédia :
Des "DJ" chargeaient un camion avec un générateur, des platines vinyles et des haut-parleurs et installaient une street party.
Au début, les DJ jouaient du R&B américain mais au fur et à mesure, la production locale de musique augmenta et les sons prirent des sonorités locales. typiques.
Les "Sound Systems" étaient de « grosses » affaires car ils représentaient un moyen sûr de se faire de l'argent dans une économie instable. L'organisateur (le DJ) pouvait faire du profit en demandant un petit droit d'accès et en vendant de la nourriture et de l'alcool. La concurrence était sévère entre les différents "Sound Systems" et deux DJs émergèrent comme des stars de la scène : Clement « Coxsone » Dodd et Duke Reid.
La popularité d'un DJ de "sound system" tenait surtout à son potentiel à avoir de la nouvelle musique. C'est pourquoi les deux DJs stars se mirent à la production de disques, augmentant non seulement leur potentiel mais réduisant leur utilisation de musique américaine. Au début, ils ne produisirent des titres que pour leur propre "sound system", limités donc à une copie.
Ce qui commença par une simple copie du R&B américain fait par des musiciens locaux devint la première musique originale issue de Jamaïque : le ska. Au fur et à mesure que cette nouvelle tendance prit du succès, les deux DJs s'investirent de plus en plus dans la production. Le studio de production de Coxsone devint un studio réputé, alors que Duke Reid fonda le connu Treasure Isle.
Suite à l'émigration de nombreux Jamaïcains vers l'Angleterre, les "Sound Systems" s'y implantèrent peu à peu. Ils finirent par se répandre dans différents pays en variant les différents styles de musique qu'ils produisaient, d'abord ska, rocksteady, reggae, dub, puis raggamuffin ou ragga - Jamaïque oblige - et enfin de plus en plus de musiques différentes, souvent électroniques, telles que l'électrodub, la hardtek, la jungle, la drum'n'bass, etc.
C'est ce type de "Sound Systems" dub qu'ont côtoyé à leurs débuts les "Sound Systems" anglais, considérés comme les parents du "mouvement free party".
Le "sound system" en France a commencé ses balbutiements au début des années 1980, dans les squats sur des chaines hi-fi et surtout grâce à l'équipe des DJs de Radio Ivre (Radio Irie).
Les premiers gros sounds avec plus de 100 personnes ont été organisés vers 1982 à l'église des Panoyaux à Mesnilmontant dans le 20e arrondissement de Paris avec Ras Gugus.
En France l’appellation "Sound System" a longtemps désigné une équipe constituée de selectas et de chanteurs (en particulier dans le ragga/dancehall parisien) ; l'utilisation était impropre, et est maintenant consacrée à une équipe qui dispose de son propre matériel de diffusion (console, amplis, enceintes...)
Il faut encore parler des "Surprise Party"
En France, l'expression, traduite de l'anglais et qui signifiait littéralement "fête surprise".
Au cours du 20ème siècle elle a progressivement dévié de son sens pour désigner n'importe quelle fête improvisée entre jeunes gens, tandis que l'aspect surprise était progressivement oublié.
Son caractère improvisé et sommaire rend peu coûteuse, gagne en popularité du fait de la Grande Dépression des années 1930. Ces petites fêtes furent fort nombreuses et fort suivies.
De plus en plus synonyme de fête organisée hors contrôle parental, la "Surprise Party" devient l''occasion privilégiée de rencontres amoureuses et sexuelles. La période de l'Occupation accentue cette évolution, le couvre-feu empêchant les jeunes de s'attarder dans les lieux publics mais étant d'autre part prétexte à faire durer les fêtes toute la nuit dans les habitations libres de parents, sur fond de musique de jazz.
Un poème de Boris Vian intitulé Surprise Party résume ce point d'aboutissement :
Le pick-up graillonnait un blues mélancolique L’air était lourd de poussière et d’odeurs Plusieurs zazous dansaient en se tenant le cœur De petites filles aux fesses spasmodiques Dans un placard, un couple d’accoucheurs amateurs S’adonnaient à des jeux pleins d’art et de naïveté Un autre dans un coin tentait avec ardeur L’accouplement des amygdales, en musique. Des mains se rencontraient sous des jupes trop courtes Ivres deux tourtereaux – (et si je disais : deux tourtes ?) Cherchaient partout un lit ; ils étaient tous pleins… Laissez baisouiller cette jeunesse heureuse Pourquoi les extirper de cet impur purin Si leur espoir se borne à frotter des muqueusesA partir des années 1950, le concept des "Surprise Party" se déplace toujours plus vers le monde des adolescents où l'idée de faire une surprise est définitivement abandonnée.
Le terme se modifie en "surpat" puis "surboum", puis enfin "boum", qui a eu cours tout au long des années 1960 et 1970.
Il est à noter que les "Surprice Party" étaient, en grande majorité, des événements privés et organisés au domicile de l'un des participants.
Wikipedia parle de l'arrivée des "Sound Systems" en France au début des années 80 mais en Angleterre, dès 1946, des bals itinérants circulaient à travers le pays et faisaient danser les gens à partir de disques, de platines et de haut-parleurs.
Pour la Belgique (et en Brabant Wallon), ce type de sonorisation itinérante existait déjà au début des années 70.
Mais nous, on appelait pas ça des "Sound Systems" ou des "Discomobiles", on disait des "Sonos".
- Une vidéo concernant les "Boums" en France entre 1950 et 1980